Retour de mes deux jours à la Blend Web Mix 2017

Aujourd’hui je vais vous présenter, un peu tard on en conviendra, mon retour du salon la Blend Web Mix 2017. J’ai eu la chance de pouvoir y participer les deux jours et je m’en vais vous faire un debrief de toutes les conférences, toutes très intéressantes, que j’ai pu voir. Suivez-moi !

GraphQL, l’avenir du REST

La première journée commence fort avec une savoureuse introduction à cette technologie qui fait frémir les développeurs(euses, eux ?) sur Twitter depuis déjà quelques semaines, je parle bien entendu de GraphQL. Présenté par un habitué des conférences, François ZANINOTTO, accompagné par un non moins talentueux collègue (faute de connaitre son nom, désolé). Les deux amis nous ont présenté un état des lieux de l’architecture REST (et d’autres solutions plus anecdotiques) et en quoi GraphQL ça rox. Et c’est vrai que ça rox, je ne vais pas vous refaire la présentation ici, mais il faut savoir que GraphQL va nous permettre de fusionner plusieurs requêtes HTTP en une seule.

En effet dans une optique REST il est récurrent de devoir faire une première requête pour récupérer un parent puis en faire plusieurs autres pour récupérer les enfants. Ici GraphQL nous fournit un langage permettant de tout fusionner en une seule requête; quand je vous disais que ça roxait.

Ensuite coté serveur, GraphQL vous demandera de coder quelques resolvers qui auront pour objectifs de retourner l’information, GraphQL se chargera de résoudre les interdépendances et de remonter les données (comme pour la résolution d’un graphe, oui voilà d’où vient le graphe de GraphQL).

Ainsi on pourrait résumer cette conférence par TL;DR don’t use REST anymore, use GrapQL instead. Mais c’est sans compter sur l’intelligence de cette présentation, puisque les deux speakers ont fini leur présentation en évoquant les points qui ne vont pas avec GraphQL (notamment le fait que GraphQL se moque de la méthode HTTP utilisée pour requéter l’API, oui oui on peut récupérer des trucs via un DELETE, un DELETE !).

Au final beaucoup de rêves brisés, mais que voulez vous, la réalité est parfois dure.

Vous pouvez retrouver la présentation ainsi que les slides sur Slideshare.

Créer une expérience WebVR cross-plateformes

Des idées plein la tête j’ai enchainé avec une autre conférence, toujours dans les technologies de demain : la VR. Et plus spécifiquement la VR dans une page web, so sexy.

Conférence présentée par David ROUSSET, le monsieur est un grand fan des jeux vidéos, du web et de la VR (le bougre possède plusieurs casques VR). Sa présentation tenait sur la découverte de sa librairie javascript de création de contenu 3D, Babylon.js et de son extension WebVR.

Connaissant David depuis maintenant un moment, bien avant la VR et bien avant qu’il rejoigne Microsoft (aurais-je oublié ce détail ?), je n’avais pas besoin d’être convaincu pour dire que sa librairie est efficace et se pose comme une concurrente sérieuse à Three.js. Et ces multiples démos en live l’attestent bien assez.

PS : David si tu passes ici, merci pour tes tutos game dev sur ton blog ;)

Sa présentation sur Youtube

Concevoir un robot d’interaction : des pieds à la tête

En parallèle de la conférence de David, je suis allé faire un tour à celle qui parle de robot (qu’est ce qu’il faut pas que je fasse pour couvrir le plus de sujet possible).

Conférence présentée par Amélie CORDIER, ancienne professeur et maitre de conférence à l’IUT Lyon 1, et Jade LE MAÎTRE co-fondatrice de Hease Robotics. Toutes deux se sont lancées dans un jeu de questions / réponses dans le domaine de la robotique.

Beaucoup de questions pertinentes, sur le présent de la robotique et sur son avenir. On se rassure d’être encore très loin d’une vie à la Blade Runner et on se désole de l’être autant de celle avec des Wall-E.

En bref une très bonne FAQ parfois coupée par l’arrogant, mais terriblement mignon petit robot Cozmo.

Leur présentation sur Youtube.

BATTLESTAR GALACTICA: Saison 5 – Les Cylons passent dans le cloud avec Vert.x

La journée se poursuit avec une présentation inspirée et, on ne va pas se mentir, un peu old school (Battlestar Galactica – 1978) sur le pilotage d’une infrastructure entièrement microservices.

On retrouve un Philippe CHARRIERE sympathique présentant Vert.x un framework événementiel pour la JVM ou comment brancher plusieurs services dans différents langages et les faire fonctionner entre eux.

Le tout illustré par une bataille – presque – impressionnante de points de couleur. Il va falloir avoir un peu d’imagination pour voir les vaisseaux scintillants des Cylons.

Sa présentation sur Youtube.

Un site dynamique sans serveur (serverless), c’est possible !

Peut-être la présentation qui m’a le plus laissé sur ma faim, présentée par une Virginie MATHIVET beaucoup trop motivée pour une fin de journée, elle nous fait la présentation, accompagnée de son DevOps, de la procédure à adopter pour faire un site dynamique sans serveur.

N’espérez pas une révolution à base de magie cosmique, cette présentation nous résumera la marche à suivre pour créer un site avec une base de données via les services d’Amazon, la plateforme Saas. On se retrouve avec une course contre la montre de clics frénétiques sur les interfaces ô combien peu ergonomiques d’Amazon.

Au final peu de choses innovantes, on lance deux – trois services Amazon, on pousse son code front et voilà votre site est prêt, tout chaud sorti du four Amazon.

Spoil alert, vous pouvez faire la même chose sur Azure.

Leur présentation sur Youtube.

Voyage au centre du cerveau humain ou comment manipuler des données binaires en Javascript

Le deuxième jour c’est Thomas JARRAND qui ouvre le bal avec une présentation intrigante mélangeant Javascript, binaire et cerveau. Ou autrement dit, comment parcourir une IRM au format binaire grâce à Javascript.

Développeur chez Elao, Thomas a eu pour objectif de créer un #seriousgame dans lequel le joueur doit analyser des IRM de cerveau pour le compte de l’université de Bordeaux et de Harvard Medical School, le tout en Javascript.

Pour ce faire Thomas nous explique comment manipuler des chaînes binaires, les découper et les transformer en pixels qui, mis bout à bout, forment une image.

Je vais pas vous mentir, je suis un grand fan de Javascript et ce genre d’initiative me parle beaucoup. C’est donc tout naturellement que j’ai beaucoup aimé cette présentation claire et fort intéressante sur la manipulation de chaînes binaires en JS.

Enfin la démo finale est clairement impressionnante, c’est fluide, ça fonctionne (même sur mobile) bref c’est Javascript.

La présentation sur Youtube.

Electron, une alternative intéressante?

Petite présentation de Electron par Florent MOIGNARD qui nous fait un bilan en 15 min de cette technologie montante. Faisant le comparatif entre application web et application native, il finira par les avantages et les inconvénients d’Electron.

Petit fait intéressant, il existe déjà des d’applications Electron qui sont utilisées tous les jours: Slack, Atom etc …

Sa présentation sur Youtube.

Apprentissage statistique et analyse prédictive en Python avec scikit-learn

On enchaîne avec une présentation d’une toute autre nature puisqu’elle parle d’IA et d’analyse prédictive présenté par Alexandre GRAMFORT, chercheur à l’Inria.

Alexandre commence par poser les définitions d’intelligence artificielle, d’analyse prédictive, de machine learning et de deep learning, soucieux de sensibiliser sur la différences de ces aspects gommant toute confusion.

Par la suite Alexandre nous présente le principe de prédiction ainsi qu’un survol des différents algorithmes de prédiction.

Claire et bien vulgarisée, cette présentation était intéressante et permet d’avoir un aperçu du domaine de l’analyse prédictionelle.

Jamais trop matheux et toujours compréhensible, Alexandre a su nous intéresser à un domaine plutôt obscur pour les simples mortels dont je fais partie.

Sa présentation sur Youtube.

Des sites web plus performants grâce à l’intelligence artificielle

Encore une présentation dans le domaine de l’intelligence artificielle. Lucas NACSA nous présente des cas concrets d’utilisation de l’IA dans le domaine du web marketing.

On passe de la prédiction des sorties de stock, de l’influence des soldes ou encore à des moteurs de recherche intelligents grâce à des données extérieurs, comme par exemple la météo.

L’objectif final est de comprendre les habitudes des utilisateurs, leurs goûts et ce qui pourrait leur faire plaisir. Grâce aux réseaux de neurones, on peut prédire des articles qui seraient susceptibles de plaire à un potentiel client et ainsi le site e-commerce s’adapte à celui-ci.

Techniquement intéressant, c’est cependant ce genre de présentation qui renforce mes convictions qu’internet devient de plus en plus une bulle personnalisée. Nous enfermant toujours plus sur ce qu’on connait et qu’on aime pour nous réconforter. Quitte à perdre notre liberté de peur de découvrir d’autres choses inhabituelles, #jaimalàmoninternet.

Sa présentation sur Youtube.

Audio procédural : la révolution WebAssembly!

Yann ORLAREY nous présente les technologies de la création de son par ordinateur. Utilisées par exemple dans le jeux-vidéos, évitant de charger des fichiers sonore en favorisant la création de son par l’ordinateur.

Yann nous présente ainsi l’univers de la création de son via l’API audio Javascript et de la nouvelle librairie WebAssembly.

Comme son nom l’indique, WebAssembly est la concaténation de Web et Assembly (l’assembleur), c’est le souhait d’offrir un langage bas niveau performant.

L’objectif ici et de pouvoir programmer du son de façon performante dans un navigateur. Il en profite également pour présenter Faust, le langage sur lequel il travaille.

Pas forcement facile à comprendre, mais cependant intéressante, cette présentation se destine avant tout à une niche. Heureusement la petite vidéo démo de fin nous montre un cas concret de son explication (en plus de bien roxer).

Vidéo de la présentation sur Youtube.

Réalité virtuelle et augmentée, ces nouvelles technologies au service de la formation et de l’emploi

Nous voici enfin sur la dernière conférence que j’ai pu voir. Présenté par Loic LEXTRAIT, je pensais ne rien apprendre sur la réalité virtuelle et augmentée puisque je possède moi-même un casque VR et que je me suis pas mal renseigné sur le sujet (à 900€ le matos, on réfléchit à deux fois).

Et pourtant, outre l’aspect technique divergeant des deux technologies que Loic a su parfaitement expliquer, c’est surtout l’aspect formation qui m’a particulièrement emballé.

Comment ces technologies peuvent aider la formation ? Et bien Loic y répond avec beaucoup d’enthousiasme en montrant des exemples de réalisation de sa boite de prestation. On voit par exemple une simulation VR d’infirmier(e).

Cette présentation fut réellement rafraichissante, Loic à su transmettre sa passion de ces technologies, imaginer pouvoir apprendre de nouvelles compétences manuelles dans un univers virtuel en 3D immersif fait rêver. Qui a dit que les jeux vidéos abrutissaient ?

Malheureusement la vidéo Youtube de sa présentation ne possède pas la bonne bande son, bien regrettable pour une si bonne conférence.

Conclusion

On retiendra finalement de cette Blend Web Mix un buffet bien copieux accompagné d’une Ninkasi rafraîchissante, ah pardon vous vouliez peut être une conclusion constructive, je reprends…

La Blend Web Mix peut se vanter de proposer des conférences abordant des sujets différents et portés sur la haute technologie, au moins sur celles dites techniques. Mais ça reste souvent du survol, on ne va que rarement dans la technique pure. Sur ce point il faut noter que la Blend Web Mix se destine avant tout à un public plus hétérogène qu’un public technique.

Globalement je suis satisfait de ces deux jours, les conférences sont souvent de qualité et l’organisation force au respect. La salle commune est immense, Cité Internationale oblige me direz-vous, et de nombreuses activités viennent combler les trous entre deux conférences.

Merci d’avoir lu mon retour, je tiens à préciser que tout le contenu est totalement subjectif et provient pour la plupart de mes souvenirs, je ne peux donc pas vous garantir que mon récit ne soit pas un peu, beaucoup, romancé par moment.